La résistible naissance des
enseignements théoriques et de
l’Histoire de l’art à l’École des
Beaux-Arts de Paris (1791-1864)
François-René Martin
À qui l’histoire de l’art appartient-elle ? Aux artistes ou bien aux savants, archéologues ou historiens
de l’art ? Dans l’histoire de l’école des Beaux-Arts de Paris, la réforme de 1863 constitue une date clé : le
moment où des savants-fonctionnaires auraient tenté de faire tomber le vieux système d’une caste
d’artistes qui cherchaient à perpétuer un monde révolu, l’apprentissage selon les modèles hérités de David,
de Gros, d’Ingres, soit le monde des professeurs qui se cooptaient rue Bonaparte et à l’Académie des Beaux
Arts. Il n’est guère possible de comprendre les différentes positions quant à la réforme des enseignements
aux Beaux-Arts si on ne la rapporte pas à une question plus générale : les querelles de compétences, au
XIXe siècle, entre les artistes et les historiens de l’art dans le domaine des discours sur l’art. L’apprentissage
artistique et les rôles que peuvent y jouer les uns et les autres en dérivent. La naissance des enseignements
théoriques en dépend également.
